Rencontre avec Elias Querejeta
Dimanche 16 Octobre à 16h30


       
Il est couvert de Prix, Oscars, Palmes, Ours, de Conchas et de Goyas, il mériterait un César pour l'ensemble de son œuvre. Ce basque de naissance et madrilène d'adoption a fait du droit, adore le foot, découvre et produit des auteurs tels Saura, Victor Erice, Montxo Armendariz, M. G. Aragon, Fernando Leon de Aranoa, sa propre fille Gracia…
Après 50 films produits, souvent écrits, suivis avec la patte " créative " qui lui permet de faire émerger d'innombrables talents, le plus charismatique des hommes de cinéma espagnol, est le plus modeste qui soit. Il fait " son travail ", laissant l'Art pour qui le cherche (et le trouve) dans l'immense liste de films qui constitue à elle seule une histoire du cinéma espagnol d'après la guerre civile. Une œuvre dont le talent réside dans l'art de contourne
la censure franquiste tout en dénonçant les maux de la société espagnole des années 50 à nos jours. Humaniste engagé, il aime conter qu'il n'est pas prophète malgré son nom, qu'il donne " de la voix par l'image ", que " l'œil de la caméra doit parler " (sa série de documentaires sur les réalités sociales porte le titre de " El ojo de la camara ", l'œil de la caméra). Les films et documentaires qu'il initie sur le cours du monde, contre la peine de mort, la Guerre en Irak (" aucun idéal politique ne justifie la mort d'un homme… "), les désastres de la drogue, le chômage, la misère affective comme économique cherchent à faire ouvrir les yeux à ceux qui voudraient les garder fermer.

Dérangeant parfois, talentueux toujours, ce guide (" guionista " signifie " scénariste " en espagnol) écrit l'histoire de l'humanité sans oublier de lui donner la part du rêve qui lui revient en co-produisant aussi " La cité des enfants perdus " (Caro et Jeunet) ou la Lettre écarlate (Wenders), entre autres défis aux règles du cinéma.

La Reine d'Espagne lui a remis le Prix de " L'engagement social " (Compromiso social) qui complète la reconnaissance professionnelle déjà acquise. Chapeau bas donc à cette légende vivante de cinéma!


 


L'ESPRIT DE LA RUCHE (El Espiritu de la colmena) - Espagne (VOST) - 1973 - 1h37 - Couleurs

Réalisation : Victor Erice
Scénario : Victor Erice, Angel Fernandez Santos
Interprétation : Teresa Gimpera, Ana Torrent,Fernando Fernan Gomez

Grand classique et leçon de cinéma, ce film de Victor Erice, est réalisé en 1973 avant la mort de Franco. Un succès retentissant accueille le film tant l'émotion qu'il suscite dans le public espagnol est grand.
La mémoire collective s'agite et défie le murmure, " L'esprit de la ruche ", de la censure franquiste. Un règlement de compte avant l'heure ou juste un questionnement de l'Histoire ?
Qui a gagné cette Guerre fratricide qui a figé l'Espagne dans 40 ans de prostration ? Réponse dans cette parabole où cinéma et Frankenstein jouent un rôle inattendu, un ersatz de père monstrueux volé par la guerre, un espace de rêve morbide dans une terre reculée où évolue la petite Ana dans une famille républicaine marginalisée en 1940.

 

CRIA CUERVOS - Espagne (VOST) - 1975 - 1h52 - Couleurs

Réalisation : Carlos Saura
Scénario : Carlos Saura
Interprétation : Geraldine Chaplin, Ana Torent, Monica Randall

Ana et ses deux soeurs vivent dans une grande maison madrilène avec leur grand-mère paralytique, leur père, et leur tante qui cherche à combler le vide laissé par la disparition de leur mère disparue. Quand le père meurt à son tour, Ana est persuadée que c'est là l'effet de son pouvoir. Elle s'enfonce dans son monde imaginaire où elle fait revivre sa mère décédée. Coup de maître de Carlos Saura et grand succès public pour ce violent réquisitoire contre la famille et la bourgeoisie espagnole franquiste et post-franquiste.

 


HISTOIRES DU KRONEN (Historias del Kronen) - Espagne (VOST) - 1994 - 1h35 - Couleurs

Réalisation : Montxo Armendariz
Scénario : Montxo Armendariz
Interprétation : Juan Diego Botto, Jordi Molla, Nuria Prims

La plongée aux enfers de copains qui se retrouvent chaque soir au bar du Kronen. Alcool, sexe, drogue, mort, détresse d'une jeunesse déliquescente. Un film noir sans concession qui veut dénoncer la fuite suicidaire d'une certaine jeunesse en perte de vie et d'espoir

 

 

 

LES LUNDIS AU SOLEIL (Los lunes al sol) - Espagne/Italie/France (VOST) - 2002 - 1h53 - Couleurs

Goyas du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur 2003
Réalisation : Fernando León de Aranoa
Scénario : Fernando León de Aranoa
Interprétation : Javier Bardem, Serge Riaboukine, Luis Tosar

Dans un port industriel du nord de l'Espagne, le chantier naval a fermé depuis 5 ans : Santa et ses amis José et Lino sont au chômage. Tous les lundis, ils prennent le ferry pour se rendre en ville, à la recherche d'un hypothétique emploi. Chacun à sa manière résiste aux angoisses et aux humiliations. Mais Santa est bien décidé à ne pas céder sa dignité. Dans la veine des films de Ken Loach et Robert Guédiguian, le réalisateur dresse un tableau de la situation économique de son pays avec beaucoup d'humour et d'humanisme.


BARRIO - Espagne (VOST) - 1998 - 1h40 - Couleurs

Goya du meilleur réalisateur 1998
Réalisation : Fernando León de Aranoa
Scénario : Fernando León de Aranoa
Interprétation : Marieta Orozco, Eloi Yebra, Crispulo Cabezas, Timy Benito

Javi, Manu et Rai, trois adolescents, vivent dans la triste banlieue de Madrid. Ils ont l'âge où l'on parle beaucoup des filles mais très peu avec elles. L'été est arrivé, l'heure des grands départs approche. Les trois amis n'ont qu'une envie : partir loin pour échapper à l'insupportable ennui... En brossant tout en finesse le portait de ces adolescents de cités, De Aranoa nous montre que les réalités sociales n'ont pas de frontières.


HECTOR - Espagne (VOST) 2004 - 1h47 - Couleurs

Réalisation : Gracia Querejeta
Scénario : David Planell et Gracia Querejeta
Interprétation : Adriana Ozores, Nilo Mur, Damián Alcazar, Joaquín Climent

À la mort de sa mère, Hector, 16 ans, part vivre chez sa tante. Mais son père, Martin, qu'il n'a jamais connu, réapparaît. Ce dernier espère obtenir son pardon et pouvoir lui offrir une nouvelle vie au Espagne. Hector va devoir choisir entre la nouvelle famille qu'il vient de découvrir et l'aventure outre-atlantique. La cinéaste souhaitait tourner le film à Madrid pour y capter cette lumière chaude, particulière à la ville, une lumière qui accompagne les personnages et fait d'Hector un film vivant et touchant.


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