
"Sept ans au Tibet", le dernier film de Jean-Jacques Annaud, raconte l'odyssée physique et spirituelle
de l'alpiniste autrichien Heinrich Harrer, sergent SS, incarné par Brad Pitt, et sa rencontre avec le Dalaļ Lama enfant.

Pour cette superproduction de 2H15, aux images somptueuses, sur un sujet ultra-sensible pour la Chine, le réalisateur de "L'amant" et de "L'ours" a reconstitué Lhassa, la capitale du Tibet, dans la Cordillère des Andes. C'est une région qu'il avait explorée pour tourner "Les Ailes du courage", l'épopée de Guillaumet, le pionnier de l'Aéropostale.
En mai 1939, Heinrich Harrer, archétype du bel aryen blond, glacial et arrogant, est un alpiniste célèbre qui part en expédition
pour conquérir l'un des sommets inviolés de l'Himalaya, sous la direction de Peter Aufschnaiter (David Thewlis). Il laisse sans
regret derrière lui sa femme sur le point d'accoucher et emporte le drapeau à croix gammée qu'il espère bien être le premier à
planter sur le Nanga Parbat.
Désagréable, vaniteux, ambitieux, Heinrich se met à dos les autres membres de l'expédition, en particulier Peter qu'il considère comme un rival.
Lorsque la guerre éclate, ils sont fait prisonniers par les troupes britanniques de l'empire des Indes et internés dans un camp.
Après plusieurs tentatives, Heinrich réussit à s'évader avec Peter.
La difficulté de franchir, sans équipement, les sommets enneigés pour atteindre le Toit du monde, les épreuves, le besoin de l'autre pour faire face à l'adversité, entament peu à peu sa suffisance et son égoļsme.

Voyage initiatique Les deux hommes parviennent au Tibet, qui ressemble alors à une forteresse médiévale interdite aux Occidentaux. Ils sont recueillis et aidés par des Tibétains désintéressés et Heinrich fait la connaissance du jeune Dalaļ lama.
Ce gamin espiègle, reconnu à trois ans comme la réincarnation du XIIIème chef spirituel et temporel décédé, s'ennuie dans son immense palais du Potala et accueille avec plaisir cet étranger qui lui ouvre une fenêtre sur le monde.
Curieux, le jeune garçon veut tout savoir sur Paris, Jack l'Eventreur, le cinéma... Heinrich, en retour, découvre la philosophie bouddhiste, basée sur le renoncement...
Mais la Chine lance ses troupes à l'assaut du pacifique Tibet en 1950 et Heinrich repart en Autriche où il espère retrouver le fils qu'il ne connaît pas et qui ne veut pas le connaître...
Pour cette épopée, Jean-Jacques Annaud a réuni une star, considérée comme "l'homme le plus sexy du monde", et un gamin du Bhoutan à Uspallata, dans les Andes, où le Lhassa des années 40 avec ses ruelles pittoresques et le Potala ont été soigneusement reconstitués. Le réalisateur d'"Au nom de la rose" déroule, au son des cornes, des flûtes et des gongs, un beau livre d'images, que l'on souhaiterait plus nerveux, sur un voyage initiatique qui conduit à la rédemption.
Un ancien Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, Tenzin Tethong, a fait office de conseiller technique sur le film et la soeur cadette du Dalaļ lama, Jetsun Pema, joue le rôle de sa mère. En conclusion, "Sept ans au Tibet" évoque les 6.000 monastères détruits, le million de morts dus à la répression et le Prix Nobel de la paix attribué en 1989 au Dalaļ-lama qui vit en exil en Inde.
Le film est adapté de "Sept ans d'aventures au Tibet", les souvenirs de Heinrich Harrer, dont les Editions Arthaud-Flammarion publient une nouvelle édition (également du même auteur: "Retour au Tibet").
De leur côté, les Editions de La Martinière publient "Lhassa, le Tibet disparu", des textes et photographies de Heinrich Harrer.